Nous partons pour 4 jours dans l’une des régions les plus rudes de la planète mais aussi des plus extraordinaires.

Nous savons que cette excursion n’est pas sans danger (panne possible au milieu de nulle part, tempête de neige, problèmes causés par l’altitude...) mais nous partons dans les meilleures conditions possibles, à bord d’un 4x4 Toyota qui semble en parfait état.

Nous sommes accompagnés de Sergio, notre chauffeur, qui connaît bien la région et nous servira de guide, et Ema, notre cuisinière pour toute la durée de ce voyage dans le Sud Lípez.

Tous deux se sont chargés de l’avitaillement en eau et vivres pour 7 personnes et pour 4 jours.


Côté vivres, nous leur ferons confiance.

Il parait que le froid et l’altitude ouvrent l’appétit.
Mais, au pire, perdre quelques kilos ne nous fera pas de mal !

Quant à l’eau, nous avons pris quelques précautions supplémentaires.

Nous buvons beaucoup et on ne sait jamais !

Nous avons également prévu des lingettes car nous savons qu’il n’y a pas d’eau partout, et surtout fait le stock de papier hygiénique, comme le font tous les touristes en Bolivie (cf. page Bolivie – présentation).  

Ces préparatifs terminés et une bonne journée de route plus tard, nous serons dans le Sud Lípez.

Nous allons monter à plus de 5400 mètres d’altitude, dormir à plus de 4200 mètres, par -15 ou -20°C , dans des hôtels ou refuges souvent sans eau, parfois sans électricité, et toujours sans chauffage (nous ne verrons d’ailleurs pas l’ombre d’un chauffage durant tout notre séjour dans les Andes).

Nous aurions pu y aller l’été, nous direz-vous.

En effet, en cette saison, la température ne descend pas en dessous de zéro. Mais l’été, c’est aussi la saison des pluies. Les routes sont alors inondées et donc impraticables.

Aucun de nous 3 ne souffrira du mal de l’altitude. Mais nous aurons très froid, nous aurons parfois quelques difficultés à respirer, et terminerons ce périple très, très, très  fatigués.


Cependant, nous verrons des paysages grandioses, hors du commun, et nous souviendrons longtemps de cette expérience unique.

Important : Pour ceux qui envisageraient de faire ce voyage sans accompagnement - Oubliez vite !
Les derniers (une famille) à avoir tenté l’expérience ont été retrouvés morts dans leur véhicule.

Nous embarquons à l’arrière du Toyota avec Paul et Barbara.

Préambule

Nous convenons de changer de place chaque demi-journée, car les 2 places tout à fait à l’arrière sont très exiguës.

Seul Rémy sera épargné.

Normal – A moins de le plier en 2, il ne rentre pas !

Ses épouse et fille adorées se proposent donc pour se  sacrifier et prendre son tour. Mais Barbara et Paul sont très "sympas" et nous nous arrangerons très bien.

Au volant, nous avons Sergio, notre chauffeur et guide. Sur le siège passager, la très discrète Ema, notre cuisinière qui, si elle parle peu par timidité, nous régalera d’une cuisine simple et excellente, malgré des conditions pour le moins difficiles.


Le réchaud et la bouteille de gaz sont sur le toit, avec la roue de secours et les bagages de 5 personnes, puisque notre périple commencé à Tupiza s’achèvera pour nous à Uyuni.

Sur ce toit sont également chargés 200 litres de gaz oil, car Sergio est un homme prévoyant.

Et c’est tant mieux pour nous !

Sachant, d’une part, qu’il n’y a aucun moyen de refaire le plein sur le parcours, d’autre part que, si nous étions bloqués pour une raison quelconque, il serait préférable de pouvoir laisser tourner le moteur afin d’avoir du chauffage.

Nous sommes rassurés par cette réserve.

Reste à souhaiter que le moteur lui-même ne tombe pas en panne (!?)

Chaque soir, Sergio, aidé de Paul et Rémy, déchargera tout ce "barda", tandis qu’Ema, accroupie sur le sol dans les différents hôtels ou refuges où nous passerons nos nuits, concoctera nos repas, toujours complets, équilibrés et bons.

Tous les jours, dès l’arrivée dans ces divers lieux d’hébergement, Ema nous servira le thé pour nous réchauffer ainsi que des biscuits pour patienter jusqu’au souper qu’elle se hâtera de préparer.
Chaque soir, elle nous mijotera une bonne soupe de légumes, comme seule Ema sait les faire, bien chaude et très réconfortante.
Mais elle réussira surtout l’exploit de nous servir un repas chaud (ou tiède, mais elle n’y sera pour rien) également le midi. Repas qu’elle préparera chaque matin, tandis que nous dormirons encore, et qu’elle maintiendra au chaud sous des torchons, dans le coffre de la voiture.

Notre chère Ema aura même la gentillesse de nous surprendre avec des pancakes pour le petit déjeuner ou encore un gâteau maison.

Sur son petit réchaud, Ema fera donc des miracles pour nous satisfaire.

Nous ferons le maximum pour l’aider à débarrasser la table, mais Ema n’est pas de celles qu’on aide. Ema sera aussi d’un grand réconfort lorsque le mal des montagnes atteindra l’un de nous.

Sergio s’avèrera un excellent conducteur, toujours d’humeur égale - un peu bougon peut-être lorsque nous le contraindrons à poursuivre alors que le temps se gâtait et il avait peut-être raison d’être prudent - et gèrera le planning de ce séjour avec précision et discrétion.

Ema et Sergio,  avant de revivre cette superbe aventure,
nous tenions à vous dire Merci !

8 heures

En route pour une aventure inoubliable

Cliquez sur la carte pour agrandir.

Pendant cette première journée, nous "mangerons" des kilomètres pour atteindre avant le coucher du soleil Quetena Chico où nous devons passer notre première nuit avant d’entrer dans le Parc National.

Toujours impressionnant de voir que des gens puissent vivre dans un environnement si beau mais si hostile.

Petite halte pour se dégourdir les jambes et vous présenter nos amis.

Voici Paul et Barbara       

    Et voici Sergio

avec la "chique-coca" comme toujours !

Ema est restée dans la voiture, comme elle le fera la plupart du temps.

Distribution de barres chocolatées pour patienter jusqu’au repas...

Et nous repartons.

Il n’y a rien à des kilomètres à la ronde. Pas une maison, pas un arbre, pas un seul abri alentour.

Mais où allons-nous donc pouvoir manger ?

Sergio arrête le véhicule – Il est 12 heures – C’est l’heure de notre premier pique-nique.

A part la steppe et la terre rouge, il n’y a toujours rien.


Mais oui mais c’est bien sûr !

Nous comprenons alors que la porte du coffre sera notre table pendant 4 jours.

Je puis enfin vous présenter Ema, qui fait sa sortie hebdomadaire.

L’air est de plus en plus vif.

L’appétit n’y est pas. Et nous appréhendons déjà les repas en plein air des jours à venir où la variation de température sera inversement proportionnelle à l’altitude - Brrr !

Une jolie visite surprise

Mais où est la famille de ce jeune alpaga ?

On ne voit pas l’ombre d’un être vivant à des kilomètres à la ronde !

Le paysage est de plus en plus austère et nous avons hâte de voir autre chose.

Nous faisons halte à San Pablo de Lípez, petit village perdu où Ema va offrir les restes de notre repas.

Tout est rouge. Même la peau de ce jeune garçon, qui vient aussitôt nous rendre visite sur la place du village, semble rouge.

Vetto est très sympathique.

Son sourire semble immuable.

Il est très excité d’avoir la visite d’étrangers et tente de discuter avec nous.

Mais nous ne comprenons pas ce qu’il dit.

Peut-être parle-t-il quechua.

Après s’être admiré sur l’écran de notre appareil, Vetto veut absolument prendre une photo de nous, à condition que quelqu’un d’autre tienne l’appareil.

Nous regrettons le polaroïd.

Puis il part en courant et, alors que nous pensons ne plus le revoir, il revient avec 5 filles et garçons qui ont le même beau sourire.

Mais pas le temps de nous attarder. La route est encore longue.

Les filles ont trouvé une occupation.

Elles confectionnent des bracelets brésiliens.

Vont-elles s’installer sur le prochain trottoir pour vendre leur production ?

Nos premiers sommets enneigés.

Qu'ils sont mimis !

Au loin, perdu dans les nuages, nous apercevons le volcan Uturuncu (6008 m).

Il est plus de 19 heures lorsque nous arrivons à Quetena Chico, petit village minier où nous passerons la première nuit de ce circuit.

Avant notre départ, la personne de l’agence nous a dit : « Le premier hôtel est le meilleur du séjour».

Et ben dites donc !

Qu’est-ce qui nous attend par la suite ?... !

Note : Nous verrons bientôt combien cet endroit est en effet confortable et surtout très propre, comparé aux taudis que nous fréquenterons dans le parc.

A priori, ces matelas posés sur des dalles en béton font craindre le pire.
Mais, finalement c’est confortable.

Le seul problème à vrai dire… c’est le froid.

Le soir, nous attendons le repas assis autour de la table, toujours vêtus - même Rémy ! - de nos parkas, bonnets, gants et écharpes. Et d’autres couches de lainages auraient été appréciées de tous.

Le vent glacial s’engouffre par les boiseries faites de guingois et par le toit de tôle.

Sortir pour fumer une cigarette – Et oui, l’altitude n’a pas encore eu gain de ce vice ! – n’est pas vraiment un problème. Car il fait aussi froid dedans que dehors.

Après le repas, nous n’avons aucune envie de traîner à table.

Il y a de l’eau au lavabo. Mais la toilette est ultra rapide car l’eau semble sortir d’un glacier.

Tout habillés, avec toujours gants et bonnets, ainsi qu'une paire de chaussette supplémentaire, nous nous enfilons sous nos duvets et un amas de couvertures. Etant seuls dans l’hôtel, nous prenons toutes celles que nous trouvons.

Tous les 5 enfouis sous cette couche épaisse, seules les lampes frontales sont visibles.

Imaginez-vous dormant dans votre réfrigérateur.
Vous y êtes presque !

Il est encore tôt. Aussi, munis de ces lampes, nous tentons de lire. Mais nos doigts sont congelés et tous les 5 capitulons très vite.

Il ne nous reste qu’à essayer de dormir.

Note : C’est notre première nuit à une telle altitude – 4200 mètres – et nous avons parfois l’impression que l’air nous manque.
J’ai eu, pour ma part, quelques minutes d’angoisse, ne pouvant pas inspirer suffisamment. J’ai alors tenté de me raisonner et me calmer – un exploit de ma part ! - et j’ai pu alors respirer à fond - Ouf !

Pendant la nuit, la température descendra en dessous de -10°C. Peut-être -14°C nous dira-t-on.

Qu’importe !

Nous préférons ne pas le savoir.

Ce qui est certain est que nous avons tous eu très, très, très froid.

Et cela ne fait que commencer . . .

N'oublions pas que c'est en Bolivie que Che Guevara est mort, assassiné par la CIA en tentant d'y implanter la révolution.

 

 

 

 


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